Projets de recherche
Diagnostic archéologique de la place des martyrs

Le diagnostic a été effectué en préalable de la construction d’une station du métro, et s’est déroulée sur le terrain entre le 4 juillet et le 6 août 2009. Cette opération a été menée par une équipe Algéro-Française comprenant des archéologues du CNRA, de l’OGEBC, de la direction de la culture de la wilaya d’Alger et de l’INRAP, dans le cadre d’un accord de partenariat entre le Ministère de la Culture Algérien et l’Institut National de Recherche Archéologiques (INRAP) français, sous l’égide de l’UNESCO, sans oublier le concours technique de l’entreprise du Métro d’Alger (EMA) avec l’accord du Ministère des Transports.

La fouille avait pour but d’évaluer le potentiel archéologique à l’emplacement du projet de station de métro, en précisant la chronologie et l’état de conservation des vestiges présents dans le sous-sol. Ses résultats permettront de disposer des informations nécessaires pour adapter le projet d’aménagement et préparer la mise en place d’une fouille préventive.

Deux sondages ont été ouverts aux extrémités Nord et Sud du projet d’aménagement, et leur surface initiale d’environ 400m2 a permis de reconnaître les niveaux archéologiques jusqu’au rocher situé à 7m de profondeur.

La zone concernée par le sondage n° 1 est située au sud du projet d’aménagement, par contre le sondage n°2 a été implanté à 60m au nord du premier. Ils ont tous deux recoupé un ancien vallon orienté Nord-Sud, entre la Casbah et le Quartier de la marine. Il recueille les eaux de surface et les évacue au Sud vers la mer.

La première occupation de ce secteur remonte à la période Augustéenne, qui correspond au règne de Juba II sur la Maurétanie. Rapidement le thalweg qui fonctionne probablement comme un oued va se combler et son niveau s’exhausser.

Au Même siècle, la ville d’Icosium s’étend et des constructions sont édifiées dans ce vallon : un quartier d’habitation au nord, un bâtiment de grande taille au sud qui sera recouvert lors de l’édification d’une basilique. L’occupation urbaine se maintient jusqu’à la fin du Vème siècle.par la suite, une nécropole s’installe dans les ruines du quartier sans qu’il nous soit encore possible de la dater précisément.

L’époque médiévale voit la mise en place de nouvelles constructions qu’il est difficile de situer clairement entre le Xlème et le XIVème siècle. Notons que les espaces situés au sud ont servi de dépotoir pour les ateliers de potiers au x Xlème-XIlème siècles.

Les vestiges de la période Ottomane sont bien représentés : habitat au nord, quartier artisanal au sud.

Enfin la période coloniale a laissé son empreinte lors de la transformation des maisons préexistantes et la construction de l’hôtel de la Régence.

Ces deux sondages ont permis la mise au jour d’un matériel archéologique important qui se répartit entre ossements issus des tombes fouillées, pièces de monnaie, éléments architectoniques, et panneaux de mosaïque.

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